[Ils s’engagent] Clémentine Scherer, membre du Comité scientifique de la JNA

Clémentine Scherer est membre du Comité Scientifique de la JNA et responsable du Pôle de soutien psychologique chez RMA (Ressources Mutuelles Assistance)

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre parcours ?  En quoi consiste votre métier ?

Clementine scherer - RMAJe suis psychologue clinicienne de formation. J’occupe un poste en soins de suite et réadaptation où je prends en charge au niveau psychologique les patients en fin de vie ainsi que leurs familles.
Je suis Responsable du Pôle de soutien psychologique de Ressources Mutuelles Assistance.
RMA est un assisteur Mutualiste qui compte 8.5 millions de personnes protégées.

Une des missions du pôle psychologique consiste à accompagner les adhérents de nos mutuelles clients lorsqu’ils sont confrontés à une problématique de santé. Nous travaillons en étroite collaboration avec le pôle social constitué de travailleuses sociales.

Au sein de RMA, nous avons un premier niveau de réponse de la part des chargés d’assistance qui peuvent proposer si besoin à l’adhérent un accompagnement social et/ou un accompagnement psychologique permettant aux personnes de poser leurs difficultés, ou encore leurs angoisses.

Quel regard portez-vous sur les aidants ? Quel rôle avez-vous vis-à-vis des aidants ?

Verbatim Clementine SchererL’aidant.e est un acteur incontournable auprès des personnes malades, dépendantes ou handicapées. Son rôle n’est pas encore assez mis en valeur dans notre société d’où l’intérêt des manifestations telle que la Journée Nationale des Aidants.

La problématique des aidant.e.s est au cœur de nos accompagnements psycho-sociaux. Le plus souvent les aidant.e.s font appel au pôle psycho-social dans des moments qui font crise : lorsque l’état de santé de la personne aidée se détériore, que l’aidant.e lui.elle-même est confronté.e à une difficulté de santé. Nous constatons également qu’un conflit au sein de la famille amène souvent l’aidant.e à être accompagné.e psychologiquement.

Lors des accompagnements psychologiques on retrouve fréquemment la notion de culpabilité et d’impuissance chez l’aidant.e, ainsi qu’une plainte autour la méconnaissance de certaines pathologies et un besoin de verbaliser sur le lien qui unit l’aidant.e et l’aidé.e.

Notre rôle en tant que psychologue est de soutenir la parole de l’aidant.e, de lui proposer un espace de verbalisation, de l’aider à prendre de la distance lorsque c’est nécessaire. Nous pouvons avoir un rôle de guidance et de conseil, nous utilisons aussi des outils tels que l’hypnose et l’apprentissage de l’auto-hypnose afin d’abaisser le niveau de stress et d’angoisse.

Quelle importance accordez-vous à la mobilisation JNA ?

Le pôle psycho-social accorde une grande importance à la Journée Nationale des Aidants. Nous partageons les mêmes convictions et nous souhaitons que les aidant.e.s soient plus identifié.e.s, mieux reconnus au sein du système sanitaire et social, c’est pour cette raison que nous nous engageons auprès de la JNA depuis 5 ans maintenant.

Chaque année nous mettons à disposition notre ligne téléphonique la semaine du 6 octobre. Cette ligne est animée par des travailleuses sociales et des psychologues du pôle psychosocial de RMA. L’année dernière le thème de la JNA était « Le territoire ». Le pôle après analyse de chaque situation, a donc proposé aux aidant.e.s qui en avaient besoin, des orientations ou des relais avec les structures de leur territoire. Nous avons rappelé ces aidant.e.s, 1 mois après, pour savoir si ces démarches leur ont facilité le quotidien.

Certains aidant.e.s nous appellent pour témoigner de leur vécu, de leur parcours d’aidant.e, d’autres pour obtenir des informations. Il y a un besoin indéniable d’aides mais il y a aussi un grand besoin de soutien moral.

Près de 60% des aidants ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Comment expliquez-vous ce chiffre ?

Chaque aidant.e a une histoire qui lui est propre. Il sait qu’il existe des aides autour de lui mais ne sait pas toujours laquelle correspond à ses besoins et à sa situation . Les aidant.e.s ont du mal à se repérer par rapport à ces aides.
D’autre part, il est difficile d’accéder aux aides pour les aidant.e.s lorsqu’on ne s’identifie pas comme Aidant.e.