[Ils s’engagent] Vanessa Andriet, membre du Comité Scientifique de la JNA

Vanessa Andriet est membre du Comité Scientifique de la JNA et Responsable du Pôle Social RMA (Ressources Mutuelles Assistance)

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre parcours ? 
J’ai une formation d’assistante sociale. Concrètement, j’ai été plongée dans la question des aidants avant même cette formation puisque j’ai travaillé comme aide à domicile et responsable de secteur dans une structure d’aide à domicile. Le maintien à domicile, l’aide aux personnes en situation de handicap sont des questions qui m’ont animée tout au long de ma formation.  
En quoi consiste votre métier ? 
Au sein de RMA, la problématique des aidants est un sujet que j’ai pu continuer à accompagner. J’ai eu la chance que mon employeur me permette de me spécialiser, en passant un Diplôme Universitaire en gérontologie sociale à l’Université de Nantes. Je suis actuellement responsable du Pôle social de RMA, constitué d’assistantes sociales et de conseillères en économie sociale et familiale. Le rôle des travailleurs sociaux au sein de la structure est d’accompagner, dans le temps, les adhérents pour répondre à leur problématique, la plupart du temps en lien avec la santé. Concrètement, il s’agit d’aller chercher des aides financières, de permettre  l’accès aux droits, d’apporter du conseil, du soutien moral et de mettre en lien la personne avec l’équipe de psychologues quand on détecte une fragilité ou une souffrance, qui nécessite un accompagnement psychologique.

Quel regard portez-vous sur les aidants ? Quel est leur rôle dans la société ? 

Les aidants ont vraiment un rôle majeur qu’ils vont assurer de manière informelle au quotidien auprès de leur proche, rôle qui est plus ou moins conscient et plus ou moins proactif, puisque cela va de tâches très opérationnelles, telle l’aide à la toilette, les démarches administratives, à des aides moins visibles, comme celle d’être disponible régulièrement, de répondre aux angoisses et d’être aux côtés de leur proche d’un point de vue de lien social et de soutien moral.On constate qu’il y a des répercussions majeures sur le quotidien des aidants, ils assument souvent un rôle qui pourrait très bien être de l’ordre du professionnel, qui serait par conséquent très cher à mettre en œuvre.

Quelles sont les missions de RMA ? 
Au-delà de l’accompagnement social, RMA exerce une activité d’assisteur, qui est réglementée et propose à ses clients, qui sont les mutuelles, des garanties d’assistance, qui nous permettent d’intervenir par exemple au moment d’une sortie d’hospitalisation, d’un traitement particulier ou encore d’une immobilisation. Nous avons aussi des possibilités d’intervention un peu plus spécifiques, dans des situations particulières. Notamment, les mutuelles ont la possibilité de souscrire une assistance spécifique pour les aidants. Nos garanties d’assistance se doivent d’être une réponse aux besoins repérés et se veulent complémentaires aux dispositifs de droit commun, notamment sur les périodes de crise où il faut pouvoir agir rapidement.
Quel rôle avez-vous vis-à-vis des aidants ? Quelle est votre implication ?
Un certain nombre d’adhérents nous contactent après avoir été renvoyés de service en service et n’en comprennent pas la raison. Notre rôle est de prendre ce temps-là, d’expliquer pourquoi le proche aidé ne relève pas de tel ou tel dispositif, d’essayer de déterminer de quel dispositif il peut dépendre et dans le cas contraire, d’essayer de trouver d’autres solutions qui ne sont peut-être pas des structures d’aides mais qui peuvent être par exemple des ressources au sein-même de la famille.
Quelle importance accordez-vous à la mobilisation JNA ? 
Quand il y a des situations qui concernent autant de personnes dans un pays et qui sont relativement méconnues, cette journée a un intérêt majeur, celui de porter à la connaissance de tous, que ce soient les citoyens, les professionnels, les politiques, les problématiques très concrètes des aidants et de faire avancer les réflexions. Il faut que chacun puisse s’inscrire en tant que militant sur cette cause.
Près de 60% des aidants ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Comment expliquez-vous ce chiffre ? 

Trouver de l’information est à mon sens très facile. Le problème est de trouver l’information qui soit pertinente dans la situation bien définie de l’aidant. La réglementation française n’est pas évidente à comprendre, évaluer le niveau de ressources et le niveau de perte d’autonomie demeure compliqué. Par ailleurs, les services de proximité sont relativement débordés et manquent de temps pour accueillir les questions posées. Pour conclure, voulez-vous ajouter quelque chose ? Nous sommes ravis au sein de RMA de mettre à disposition notre ligne téléphonique à l’occasion de la Journée Nationale des Aidants. Nous travaillons chaque année à adapter un peu plus nos moyens pour répondre aux mieux aux attentes des aidants et de cette journée.