[Ils s’engagent] Jean-François BOULAT, membre du collectif JNA

Jean-François BOULAT est membre du Conseil d’Administration de la JNA et Vice-Président de Macif-Mutualité

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots quelle est votre fonction au sein de votre entreprise ?
Je suis vice-président de Macif-Mutualité qui est la mutuelle du groupe Macif, et je suis aussi chargé de la stratégie globale de prévention au sein du groupe.
Quelles actions avez-vous mis en place pour accompagner les aidants ?
Nous avons commencé à travailler sur la question des aidants en 2007 en créant le site aveclesaidants.fr dans l’objectif d’apporter de l’information aux aidants. Aucune donnée n’existait à l’époque sur les aidants et sur les personnes qu’ils accompagnaient, aussi, nous avons lancé une grande enquête nationale avec des ateliers-citoyens dans les régions où est implantée la Macif. Cela nous a permis de pouvoir ouvrir le débat sur l’ensemble des territoires. En 2010, nous avons participé à la 1ère journée nationale des aidants avec notamment la mise en place des Etats-Généraux aidants-aidés à l’issue desquels nous avons remis aux parlementaires présents, 15 propositions en faveur des aidants. Nous étions à ce moment-là, sur une population totalement invisible.
Depuis quelques années, à l’occasion de la JNA, nous développons des animations sur le territoire, que ce soient des conférences-débats, des cafés mutualistes ou encore des pièces de théâtre. Par ailleurs, nous nous associons à un certain nombre d’actions menées par les acteurs locaux, les collectivités territoriales ou encore les associations, aussi bien vers nos sociétaires que vers le grand public. Par exemple en 2016, le réseau Macif a mené 45 actions différentes pour la JNA.
Nous développons également tout un travail de lobbying pour essayer d’améliorer l’accompagnement des aidants et nous avons notamment été auditionnés à plusieurs reprises lors de la concertation sur la loi ASV. Nous étions le seul assureur à avoir une position engagée sur cette question.
Par ailleurs, un gros travail a été engagé sur le répit à domicile, le baluchonnage, avec une expérimentation en Isère.
Nous menons enfin beaucoup d’actions pour les salariés aidants, afin de créer les conditions favorables pour qu’ils puissent continuer leur activité professionnelle et ne pas être coupés de leurs relations sociales et professionnelles : au niveau européen, en partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme et le CNRS sur la discrimination des aidants au travail mais aussi sur les écarts de salaires entre hommes et femmes, aggravés lorsque le salarié se trouve en situation d’aide ou encore sur la conciliation vie professionnelle vie privée avec l’UNAF.
Pourquoi et comment avez-vous rejoint le conseil d’administration de la JNA?
C’était une évidence de rejoindre le Conseil d’Administration de la JNA car nous étions impliqués sur le sujet des aidants depuis 2007. Nous avons toujours voulu apporter notre pierre à l’édifice chaque 6 octobre. La JNA regroupe l’ensemble des acteurs qui travaillent au profit des aidants. Nous avons besoin de ces regards croisés pour nourrir notre engagement. Cela nous paraissait normal de rejoindre l’association.
Pourquoi cette mobilisation est importante selon vous?
Pour la Macif, la cause aidant-aidé est ancrée depuis longtemps. Le 1er déclic sur la question des aidants est venu des représentants des adhérents qui siègent à notre conseil d’administration. Nous sommes très sensibles à la question des aidants et nous avons une relation affective entre la Macif et ses sociétaires. La JNA est un moment fort.
Près de 60% des aidants ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Comment expliquez-vous ce chiffre ?
La complexité ne se situe pas au niveau de l’information qui est abondante à mes yeux, mais vient du fait que tout tourne autour du mot aidant. La plupart des proches ne s’identifient absolument pas comme un aidant. Pour eux, c’est naturel, c’est normal. Il ne leur vient pas à l’idée de taper le mot « aidant » sur le moteur de recherche. C’est un réel frein. Le problème se posera tant que l’aidant n’aura pas conscience d’être dans une situation d’aidant. Par ailleurs, il y a beaucoup d’entrées pour obtenir des informations, que soit la perte d’autonomie, le handicap, etc ,.. Tant que nous ne serons pas sur un « guichet unique », les aidants n’arriveront pas forcément à frapper à la bonne porte.
Pour conclure, voulez-vous ajouter quelque chose ? Un souhait ? Un message ?
Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, nous souhaitons relancer l’expérimentation autour des nouvelles solutions de répit inspirées du baluchonnage québécois. Le cadre juridique actuel ne le permet pas et nous lançons donc un appel aux pouvoirs publics afin de travailler ensemble sur ces nouvelles solutions qui bousculent les cadres réglementaires existants.