[Ils s’engagent] Annie De Vivie, membre du collectif JNA

Annie De Vivie est membre du Conseil d’Administration de la JNA et fondatrice d’Age Village

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre parcours? Votre fonction au sein de votre association ?
J’ai grandi dans une maison de retraite où travaillait ma mère. J’ai été gardée après l’école par les personnes âgées qui vivaient dans l’établissement. J’ai découvert à quel point la réalité du vieillissement était là. En grandissant, j’ai suivi des études de marketing et de commerce pour travailler dans ce secteur. J’ai commencé chez Accor qui transformait des hôtels en maisons de retraite. J’ai ensuite travaillé dans l’hôtellerie et la restauration dans le secteur de la santé et de l’aide à l’autonomie.
En 2000, j’ai créé avec la Caisse des Dépôts une société qui édite le magazine d’information Agevillage.com pour les seniors et les aidants et agevillagepro.com, à destination des professionnels du secteur. L’institut Agevillage est notre association de recherche et d’expérimentations sur les enjeux du vieillissement (cafés des âgés). Face aux maladies neurodégénératives, à l’impuissance des aidants, nous avons choisi de développer les formations Humanitude, dont les enseignements apaisent plus de 8 soins difficiles sur 10. Avec le label Humanitude, nous participons au 1er label de bientraitance dans les maisons de retraite et les services à domicile.
Quelles sont les missions de votre association?
La ligne éditoriale d’Agevillage est axée sur le thème du « vieillir debout », la question du bien vieillir ne nous semblait pas suffisante pour exprimer ce qui nous correspondait le mieux.
En 2007, nous avons répondu à un appel à projets de la CNSA, que nous avions conçu autour d’une journée de solidarité. L’institut Agevillage sert à répondre à des sollicitations, des appels à projet et à fédérer les acteurs du monde associatif.
Il a pour objectif de participer à la révolution de la longévité et à la réflexion, tant sur les territoires qu’au niveau national sur l’enjeu du vieillissement. Nous sommes aujourd’hui 5 générations à cohabiter les unes à côté des autres, la réalité de la révolution de la longévité s’incarne dans les territoires en termes de politique territoriale et au niveau national. L’institut Agevillage et le portail agevillage.com visent à donner toute l’information qui va aider les aidants et les proches à développer leur réseau d’aides et de donner des informations larges autour des enjeux du vieillissement.
Nous avons créé par exemple un annuaire de plus de 30 000 adresses, mis à jour régulièrement pour que chacun puisse définir son propre réseau d’aides, en fonction de ses besoins.
Agevillagepro.com a pour ambition d’accompagner la professionnalisation des acteurs de la gérontologie, que ce soient les collectivités locales, les services d’aides à domicile, les établissements d’accueil, les plateformes de répit, etc…
Pourquoi et comment avez-vous rejoint le conseil d’administration de la JNA?
C’est tout naturellement que l’institut Agevillage est devenu partenaire de la JNA. En 2014, la JNA était dans une période de flottement. Nous avions besoin de restructurer, de redynamiser cette journée. On s’est retrouvé avec quelques porteurs de projets associatifs autour de cette journée et j’ai commencé à m’investir davantage. Ensuite, nous avons pu mobiliser des moyens complémentaires pour structurer les missions de la journée, avec notamment des chargés de missions dédiés.
Pourquoi cette mobilisation autour de la JNA est-elle importante selon vous?
Nous avons besoin d’un coup de projecteur au minimum une fois par an sur une thématique sociale et sociétale. On peut estimer que ces journées thématiques sont des faire-valoir, néanmoins il est difficile de pouvoir éclairer et valoriser des réalités sociales. Il y a quelques années, on a été très fortement encouragé par les pouvoirs publics à remobiliser cette journée et depuis on ressent de la part de l’ensemble des partenaires et des acteurs, une vraie envie de faire vivre cette journée pour pouvoir faire monter en puissance cette question de l’aide et des aidants.
Près de 60% des aidants ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Comment expliquez-vous ce chiffre ?
Je partage tout à fait ce chiffre. Agevillage.com existe depuis 17 ans, chaque semaine nous mettons en ligne une lettre d’information, nous avons plus de 20 000 articles en base de données et la question reste un puits sans fin. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons créé une application, « Monagevillage», qui donne une information personnalisée et géolocalisée aux aidants salariés. Elle est proposée aux entreprises par les groupes de protection sociale. L’information a beau être disponible, elle n’est pas complètement comprise.
Le secteur médico-social de l’accompagnement de l’aide à l’autonomie est globalement incompréhensible. Internet aide mais au regard du besoin, on devrait être largement plus utilisé. Le fait que l’Etat ait mis en ligne un site internet destiné aux personnes âgées est très une bonne chose. Seul l’Etat peut obtenir la mise en ligne des tarifs des structures par exemple. L’aide à l’autonomie n’est pas encore comprise comme un sujet qui allait tous nous concerner et donc nous n’avons pas encore les repères qui nous permettent de savoir vers qui s’adresser. C’est un accompagnement sociétal à faire au long cours.
Pour conclure, voulez-vous ajouter quelque chose ? Un souhait ? Un message ?
Je souhaiterai que notre Président de la République, qui s’est très investi sur la question des situations de handicap, de l’autisme, lance un signal à l’occasion de cette journée sur une société aidante.