La Fondation APRIL publie les résultats 2018 du baromètre des aidant·e·s

Pour la quatrième année consécutive, la Fondation APRIL publie les résultats de son Baromètre des aidant·e·s, réalisé en partenariat avec l’Institut de sondage BVA (1).

Aidant·e, une notion de plus en plus connue mais une mobilisation a poursuivre

Aujourd’hui 2 Français sur 5 (soit 40%) ont entendu parler de la notion d’aidant·e et 30% ont une idée précise de ce dont il s’agit. La thématique des « aidant·e·s » constitue donc un sujet de plus en plus connu par les Français, sans doute parce que la situation est également de plus en plus endossée ou cotoyée au quotidien. Un constat sans appel dû‚ notamment au vieillissement de la population française.

Qui sont les aidant·e·s ?

Le Baromètre 2018 confirme la tendance amorcée les années précédentes. Contrairement aux idées reçues, 76 % des aidant·e·s ont moins de 65 ans. Même si la population des aidant·e·s est plutôt féminine (58 %), 42 % sont des hommes.
52 % des aidant·e·s sont actifs et seuls 32 % sont retraités. Des populations qui souffrent souvent de plusieurs maux (stress, anxiété, sommeil, douleurs de dos…) et qui peuvent avoir du mal à concilier leur statut (qu’ils ne reconnaissent souvent pas) avec leur vie quotidienne (travail) ou leur santé.

82% des aidant·e·s consacrent par semaine moins de 20 H en moyenne à leur(s) proche(s) aidé(s) lorsque que 16% sont mobilisés en moyenne 20 H et plus et 9 %, 40 H et plus.

 

Focus sur la santé des aidant·e·s

Au-delà des sujets habituellement investigués, la Fondation APRIL a réalisé cette année un focus sur la santé des aidant·e·s, thématique de la Journée Nationale des Aidants.

Ainsi, 31 % des aidant·e·s affirment avoir tendance à délaisser leur propre santé à cause de leur rôle. Ils sont également 22 % à avoir été obligés de reporter des soins qui les concernaient, surtout les personnes âgées de 35 ans à 49 ans (34 %), les CSP+ (32 %) et ceux qui apportent une aide pour les actes élémentaires (29 %).

11 % affirment avoir de nouveaux problèmes de santé depuis qu’ils sont aidants (16 % pour les CSP+) et 10 % trouvent que leurs problèmes de santé déjà existants n’ont fait que s’aggraver.
Enfin, chez 9 % des aidant·e·s, on note que leur consommation de médicaments a augmenté. Des chiffres qui, s’il en était besoin, montre qu’il est important d’apporter un regard attentif à la situation des aidant·e·s et plus particulièrement, a leur santé.

Quels sont les maux les plus fréquents ?

Parmi les principaux problèmes de santé engendrés par ce statut d’aidant·e,

  • 38 % correspondent à du stress et de l’anxiété (46 % chez les CSP+),
  • 32 % à un sommeil perturbé (45 % pour les aidant·e·s passant 40 H ou plus à aider)
  • et 30 % à des douleurs physiques comme des maux de dos (42 % chez les aidant·e·s vivant avec le proche aidé).

Parmi les maux les plus fréquents, viennent ensuite la faiblesse musculaire (18 %), les problèmes de poids (11 %), la dépression (10 %… et 23 % pour les aidant·e·s dont les revenus sont compris entre 500 et 1499 euros) et la perte d’appétit (9 %).

Le Baromètre révèle aussi, que si les aidant·e·s accompagnent régulièrement leur proche aidé à l’hôpital, l’intérêt de l’équipe médicale envers eux s’avère presque inexistant. Seuls 13 % des aidant·e·s affirment ainsi être interrogé·e·s sur leur santé.

Être aidant·e : un statut qui mérite de gagner en visibilité et d’être davantage valorisé

Selon 86 % des Français, le statut d’aidant·e reste encore trop peu valorisé, la proportion est quasiment la même pour les aidant·e·s qui jugent que leur situation n’est pas assez valorisée à 88 %.

Selon eux·elles, quelles seraient les actions utiles à mettre en place ?

  • Une meilleure coordination entre tous les acteurs pour 90 % des personnes interrogées (aidant·e·s comme non-aidant·e·s),
  • une aide financière et/ou matérielle pour 87 %
  • sans oublier un maintien à domicile de l’aidé facilité pour 87 %.

D’autres pistes sont également mises en évidence dans le Baromètre comme le besoin en formation (sur les gestes quotidiens, par exemple) pour 85 % à égalité avec le développement de Maisons de Répit ou encore un aménagement du temps de travail.

Le besoin de soutien psychologique est également évoqué par 83 % des répondants, suivi par le développement des échanges entre aidant·e·s (81 %) et le don de RTT en direction d’un collègue aidant·e, jugé utile par 79 % des personnes interrogées.

Conclusions de la Fondation April

Si la notoriété du terme aidant·e est en nette progression cette année, il reste encore fort à faire pour une meilleure connaissance au sein de la société civile, pour mettre en place les bonnes mesures, et les bons interlocuteurs, pour simplifier ou au moins faciliter la vie des aidant·e·s, que ce soit sur le plan de l’information comme de l”aide concrète ou matérielle.

Ces résultats vont dans le sens des demandes du plaidoyer et des actions portées par le Collectif Je t’Aide. Le 6 octobre prochain, mobilisons-nous pour la santé des aidant·e·s!

(1) Baromètre des Aidants, rélisépar BVA pour la Fondation April. Sondage réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 2007 personnes dont 456 aidants et 1551 non-aidants, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Mai – Juin 2018.

Article rédigé à partir des éléments Dossier de Presse – Fondation April